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Ornella Ohoukoh

 

Nous sommes au matin du 29 Octobre 2016, une forte pluie matinale aux allures inhabituelles, s’abat sur la capitale ivoirienne.  En silence  les cœurs se questionnent ; serait-ce  un message des dieux, seraient-ils en train de donner leur avis ? Tout compte fait on ne saurait le dire.

Au lendemain de sa réélection du 25 Octobre 2015, le parti au pouvoir annonçait que le peuple ivoirien  aura au cours de ce nouveau mandat  une Vice-présidence.  Cette décision qui impliquait inévitablement un changement de constitution s’est  finalement traduite par un projet de  loi, adopté à 8 voix par l’Assemblée Nationale contre 2 abstentions et une absence ce Mardi 11 Octobre 2016. Le vendredi 28 Octobre date de fin de campagne du « OUI » parti au pouvoir, l’opposition a brillé dans toute la capitale et dans les villes de l’intérieur par de nombreuses marches de protestation. Les messages forts des différents leaders de l’opposition  se sont fait entendre. Alors que Blé Goudé appelait à un désert électoral, déclarant que le Président Ouattara veut se servir de la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire pour régler son problème testamentaire entre ses héritiers et ses alliés politiques, un citoyen ivoirien interpelle les chefs traditionnels. En effet selon le Quotidien Le Temps de ce Vendredi 28 Octobre, le citoyen KKS, dénonce la prise de position des chefs traditionnels qui autrefois étaient les dépositaires  des vertus cardinales et l’incarnation de la probité et de la dignité. En effet selon lui,  la Chambre des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, a accepté un cadeau présidentiel de 120  000  000 de Fcfa pour adouber la nouvelle constitution.

Plus loin dans le même journal,  Mamadou Koulibaly 5e  président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire prédécesseur de Guillaume SORO, lance un message d’avertissement au peuple : « Vous pouvez dire OUI à ce référendum, mais demain, ne venez pas nous dire que la vie est chère…..C’est le courant, l’eau, le téléphone, l’essence….qu’ils vont augmenter… »

Dans l’opinion générale du peuple ivoirien, il ne fait aucun doute, la constitution sera adoptée. Les différents  soupirs de ce peuple au passé douloureux ne traduisent sans doute pas une faiblesse mais certainement un abandon de leur sort à la bonne providence. Les nombreuses personnes que nous avons questionnées avaient le même message : nous allons voter mais dans tous les cas, eux ils vont faire ce qu’ils ont prévu. Un taximan avec qui nous avons échangé ce vendredi 28 Octobre en passant devant les marcheurs de l’opposition au plateau quartier administratif nous disait ceci : « Dans ce pays là, moi je ne sors plus ma tête pour quelqu’un. Même si c’est ma femme qui se présente je ne vais pas voter pour elle parce que eux tous, ils sont même sauce là…. ».

Quoi que l’on dise la Côte d’Ivoire est en train de confirmer inéluctablement une entrée dans la 3ème République. L’Hebdomadaire ALLO POLICE de cette semaine du 24 au 30 Octobre, dans sa rubrique JE VEUX SAVOIR, nous refait l’historique des deux  récentes républiques sanctionnées respectivement par la loi fondamentale de 1960 et la promulgation  par la loi n°2000-513 du 1er Août 2000 du texte soumis au peuple ivoirien par référendum le 23 Juillet 1999.

Dans quelques heures, la date du 30 Octobre 2016, se fera inscrire à jamais dans les livres d’histoires des héritiers de la terre ivoirienne. Fatalité ou renaissance, nous ne saurons que dire face à un parti au pouvoir décidé malgré les oppositions, à instaurer un climat de paix, de sécurité et de stabilité. Pour le gouvernement en place, à qui le peuple accorde le bénéfice du doute, depuis la crise post-électorale, cette nouvelle constitution marque un tournant décisif dans l’histoire du pays. Pour notre part, nous souhaitons  à ce peuple fort et courageux, paix, prospérité et stabilité quelque soit le choix qui se fera.