by Ornella Ohoukoh

L’Aspiration numéro 1 de l’agenda 2063, des états de l’Union Africaine s’énonce comme suit : une Afrique prospère, fondée sur une croissance inclusive et un développement durable. En ce point, l’agenda énonce les questions de croissance inclusive et de développement durable, deux thématiques essentielles, au centre d’importants  débats dans presque toutes les sphères sociales et professionnelles en Afrique et dans le monde. Que ce soit au sein des ménages ou au sein des différents secteurs d’activité tels que la finance, le développement international, la gouvernance, la production, la  consommation, l’éducation ou encore la  santé, on parle toujours de croissance et de développement. On peut résumer en de simples mots, cet intérêt commun comme suit : les populations veulent se sentir bien et évoluer. Il ne fait  alors aucun doute que cette aspiration soit la première c’est-à-dire la plus importante de notre agenda. Cependant il serait judicieux de se poser la question de savoir comment la mener  effectivement à bien.

Selon le rapport du classement 2016 du bonheur mondial, il est dit qu’à cause de son intérêt croissant, grand nombre de gouvernements, de communauté et d’organisations, utilisent  les données du Bonheur et les résultats des recherches axées sur le bien-être subjectif, pour activer les politiques en faveur de «  vie meilleure ». Dans le monde aujourd’hui quatre gouvernements nationaux ont nommé des ministres du bonheur à l’instar des Emirats arabes unis où cette position est dignement pilotée par une femme depuis Février 2016.  Dans une de ses déclarations, le premier Ministre des Emirats affirmait que : « Le bonheur n’est pas seulement un vœu pieux dans notre pays. Il y aura des plans, des projets, des programmes et des indicateurs. »

Ainsi donc,  le paragraphe précédent essaie de démontrer que la croissance inclusive et le développement durable aboutissent conjointement à la notion de bonheur. De ce fait, pour mieux appréhender les actions à mener dans le cadre de la réalisation de cette toute première aspiration, les états africains devraient certainement se concentrer sur les notions de bonheur, d’espérance de vie, et d’inégalités sociales.  Cette démarche impliquera sans doute de nouveaux enjeux tels que l’analyse de l’inadéquation entre la croissance économique et l’augmentation des faibles revenus, l’analyse de la situation actuelle du commerce équitable et des économies sociaux et solidaires en Afrique ou encore l’analyse de l’impact direct de l’éducation sur la réussite sociale des couches défavorisées en Afrique.

Bien qu’une volonté manifeste des états, ait été mise en lumière, au travers des différents points à l’ordre de cette première aspiration de l’agenda, la nature des plans et des actions à élaborer et mettre en œuvre n’est pas observée. En effet, comme cité plus haut, selon le premier ministre des Emirats Arabes unis, le bonheur, n’est pas seulement un vœu pieu, il y faut des plans, des projets, des programmes et des indicateurs. Plus loin il ajoute que cela fera partie du travail de tous les ministères. La question directe qu’implique cette affirmation serait donc de savoir comment les institutions africaines à l’instar de l’union africaine elle-même, comptent œuvrer pour l’implémentation du nouveau défi du Bonheur Africain.  Bien que certains états africains  aient mis sur pied des ministères du Futur et que les nations se concertent de plus en plus sur les questions relatives au développement, le taux de migration des africains vers les pays occidentaux connaît une forte croissance et les inégalités se creusent de plus en plus entre les différentes classes sociales. Il serait donc judicieux, que l’Union Africaine rédige une véritable feuille de route de l’Aspiration 1 de son agenda actuel. Cette feuille de route devant porter la casquette d’un Plan de secours, devra formuler les différentes participations des Etats africains à ce processus continental et par ricochet mettre en place les nouvelles barrières à l’entrée en termes de commerce, de distribution de consommation et de production. La mondialisation devra être ré-analysée selon les contextes africains et de nouvelles règles et réformes devront urgemment être mises en place, sans quoi l’Aspiration 1 de l’agenda 2063 n’aura pas plus de valeur qu’une brève introduction au débat Africain.